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Publiéen 1864, Voyage au centre de la Terre est l'un des premiers romans de Jules Verne. Il s'appuie sur des connaissances minéralogiques et paléontologiques précises. La science vient nourrir la fiction pour offrir au lecteur une formidable plongée dans le passé de la planète. I Connaître l'œuvre 1 L'auteur et le contexte
nièrefois sur la consigne : « C’est très joli de naviguer à la boussole, en Espagne, au-dessus des mers de nuages, c’est très élégant, mais Et, plus lentement encore : « mais souvenez-vous : au-dessous des mers de nuages c’est l’éternité. » Voici que brusquement, ce
Cest une frontière invisible, mais une frontière quand même qui impose de s'arrêter et de laisser retomber la poussière rouge de la route africaine. Avec, en guise de poste de
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Dansle cadre de la DĂ©couverte des mĂ©tiers et des formations, les Ă©lèves de 5ème bĂ©nĂ©ficient de quelques sĂ©ances d’information-documentation encadrĂ©es par la professeure documentaliste.. La dĂ©couverte des mĂ©tiers se fera en relation avec une question du programme de technologie. CONTENU DES SÉANCES. Au cours de ces sĂ©ances, les Ă©lèves rĂ©flĂ©chissent Ă
1nK84X. p Bof Disponible sur Disney+ Regarder le film Publié le 21/10/2006 Paiement sécurisé Sans engagement Désabonnement simple Déjà abonné ? Je me connecte Découvrir toutes nos offres Synopsis A la fin du XIXe siècle, à l'université d'Edimbourg. Sir Oliver Lindenbrook, professeur émérite, et son élève Alec McEwen s'étonnent de la masse anormale du morceau de roche volcanique islandaise qu'ils viennent de découvrir. Ils font fondre le fil de plomb trouvé à l'intérieur et découvrent un message gravé par un savant disparu, Gaarne Saknussem. Il s'agit en fait d'un plan détaillant le chemin qui mène au centre de la Terre. Accompagnés de la veuve du professeur Goetaborg, qui a doublé Lindenbrook dans son aventure, et du guide Hans, les deux hommes tentent à leur tour cette aventure extraordinaire. Le petit groupe s'enfonce dans les entrailles de la Terre... Les films du même genre q Bien Vesper Chronicles p Bof La Grande Muraille Zhang Yimou q Bien Indiana Jones et le temple maudit Steven Spielberg q Bien Le dernier loup Jean-Jacques Annaud q Bien Topkapi Jules Dassin Voir les films Résumé du casting Réalisateur Henry Levin Acteurs Pat Boone James Mason Arlene Dahl Diane Baker Thayer David Peter Ronson Alan Napier Robert Adler Mary Brady Alan Caillou Gertrude the John Alec McEwen le professeur Lindenbrook Carla Goetaborg Jenny Gaarne Saknussem Hans Dean le groom Kirsty le recteur Gertrude Groom Regarder Pour soutenir le travail de toute une rédaction, abonnez-vous Pourquoi voyez-vous ce message ? Vous avez choisi de ne pas accepter le dépôt de "cookies" sur votre navigateur, qui permettent notamment d'afficher de la publicité personnalisée. Nous respectons votre choix, et nous y veillerons. Chaque jour, la rédaction et l'ensemble des métiers de Télérama se mobilisent pour vous proposer sur notre site une offre critique complète, un suivi de l'actualité culturelle, des enquêtes, des entretiens, des reportages, des vidéos, des services, des évènements... Qualité, fiabilité et indépendance en sont les maîtres mots. Pour ce faire, le soutien et la fidélité de nos abonnés est essentiel. Nous vous invitons à rejoindre à votre tour cette communauté en vous abonnant à Télérama. Merci, et à bientôt. S’abonner
Abécédaire Abécédaire - Lettre A - Image + audio - Initiation à la lectureSur ce site vous pouvez écouter les lettres de la langue suffit juste de cliquer sur chaque pouvez également écouter la prononciation d'un mot qui commence par une lettre de l'alphabet!Amusez-vous! Publié par Serge à 2001 Libellés Niveau 1 Aucun commentaire Enregistrer un commentaire
De 1775 à 1792, Beaumarchais publie une trilogie dramatique qui met en scène la famille Almaviva Le Barbier de Séville, La Folle journée ou le Mariage de Figaro et La Mère Coupable. Achevé en 1778, Le Mariage de Figaro ne sera représenté qu’en 1784 après 6 années de lutte contre la censure. La pièce est un véritable triomphe! Signe de ce succès, Mozart la transforme en opéra en 1786 Le Nozze di Figaro voit le jour au Burgtheater de Vienne. Beaumarchais, l’insaisissable Entré à la cour pour ses talents d’horloger on dit qu’il parvient à vendre des montres à Mme de Pompadour, Beaumarchais sait vite s’y rendre indispensable. En 1759, il devient maître de musique des filles de Louis XV avant d’acheter la charge de conseiller secrétaire du roi puis celle de lieutenant général des chasses. Dix ans plus tard, en 1773, on le retrouve agent secret de sa majesté à l’étranger pour détruire des pamphlets qui compromettent la maîtresse du Roi! On lui prête également le traitement de dossiers clandestins en soutien aux insurgés américains. Sa vie amoureuse n’est pas moins rocambolesque avec trois mariages et de nombreuses aventures. À sa mort d’une crise d’apoplexie en 1799, Pierre Augustin Caron de Beaumarchais laisse à la postérité 7 volumes d’œuvres complètes des comédies, des drames, un opéra sur une musique de Salieri Tarare. Retenons aussi le combat essentiel de Beaumarchais pour la reconnaissance légale des droits d’auteurs puisqu’il a fondé la Société des auteurs dramatiques. Avant lui, la pièce appartenait aux acteurs et le dramaturge gagnait très peu d’argent sur les Mariage de Figaro et la censure Au XVIIIe siècle, une œuvre doit obtenir le privilège du Roi» pour paraître. Pour recevoir ce précieux sésame, il ne faut pas porter atteinte au pouvoir, à la religion et à la morale. L’auteur qui est incriminé risque l’exil ou la prison. En effet, pendant le Siècle des Lumières, la littérature est une arme et les mots diffusent des idées souvent prérévolutionnaires. Le théâtre, par sa nature dialoguée, est le genre de l’échange, du conflit et du débat par excellence. Il se prête à la polémique et devient une tribune pour les auteurs des Lumières. Dans sa Préface, Beaumarchais entre en lutte contre la censure ces bégueules rassasiés qui ne savent plus ce qu’elles veulent, ni ce qu’elles doivent aimer ou rejeter». Dans sa pièce, le dramaturge manie avec brio la double énonciation l’adresse simultanée au personnage et au public pour établir un dialogue avec ses spectateurs et Figaro, valet vif et effronté, devient son porte-parole privilégié. En 1778, la pièce est au cœur des débats politiques la colère de Figaro contre les privilèges des nobles et la dénonciation des inégalités sociales en fait une pièce prérévolutionnaire. Laissons la parole à Figaro dans son célèbre monologue Noblesse, fortune, un rang, des places, tout cela rend si fier! Qu’avez-vous fait pour tant de biens? vous vous êtes donné la peine de naître et rien de plus….» Acte V,3.Beaumarchais, metteur en scène Le dramaturge a pris soin de rédiger quatre pages intitulées Caractères et habillements de la pièce» entre la préface et la liste des personnages. Ces indications scéniques précises témoignent de l’importance accordée à la mise en scène ; elles sont prolongées tout au long de la pièce par les nombreuses didascalies qui stipulent le placement des comédiens, leurs déplacements, leurs gestes et leurs inflexions de voix, la disposition du décor ou la circulation des accessoires. Beaumarchais fait en effet de la représentation une priorité, le volume global des didascalies- très important si on le compare à une pièce classique- montre que le texte est destiné plus que jamais à devenir spectacle. Le triomphe du Mariage de Figaro doit certainement beaucoup à cette attention portée aux ressorts dramatiques et à la symbolique savoureuse des accessoires ruban, épingle, chapeau virginal et autre billet doux…. Il s’agit d’un spectacle total et réjouissant pour le intrigue à tiroirs Un vent de liberté souffle dans les esprits mais aussi dans la forme littéraire choisie, comme en témoigne Le Mariage qui s’affranchit en partie des règles classiques du théâtre, à commencer par l’unité de ton, souvent malmenée. De fait, La Folle journée est aussi une folle histoire. Si l’avènement du mariage entre Suzanne et Figaro, contrecarré par le comte Almaviva qui convoite sa jeune domestique et délaisse son épouse, est le fil directeur, nombreuses sont les intrigues secondaires qui s’entrecroisent et constituent un canevas bien emmêlé! Projets de mariages, reconnaissance filiale, alliances et dissimulations constituent cinq actes riches en rebondissements. Cet enchevêtrement de conflits d’intérêt provoque de nombreuses ruptures de ton et la pièce oscille sans cesse entre drame et comédie. Beaumarchais qui avait confié dans sa Préface vouloir s’écarter d’un chemin trop battu» et des règles qui ne sont pas les [s] iennes», explore en effet un théâtre nouveau et moderne ; il emprunte au drame bourgeois de Diderot et prend des libertés avec le théâtre classique. Avec Le Mariage de Figaro, Beaumarchais prend sa revanche sur l’échec de la représentation du Barbier de Séville. Il met en scène 16 personnages dans un spectacle en cinq actes dont la première représentation dure 2 heures 40. La pièce sera jouée 116 fois au XVIIIe siècle avec un succès jamais démenti. Les intermèdes musicaux, les nombreux figurants et les changements de décor contribuent au caractère spectaculaire de la représentation qui enchante le public de la Comédie française. Les grands thèmes de la pièce La comédie du valet Figaro est vif, intelligent et sa supériorité d’esprit sur son maître, le comte Almaviva, fait de lui le porte-parole du dramaturge. Pour Anne Ubersfeld, Figaro ne peut pas être compris autrement que comme un héros revendicatif et populaire qui s’élève à la hauteur d’un type.» Le personnage devient l’archétype du valet qui prend une revanche sociale. Son discours dénonce les privilèges et remet en cause l’ordre social. Dans sa Préface, Beaumarchais affirme vouloir faire entrer la critique d’une foule d’abus qui désolent la société» comme le droit de cuissage, le dysfonctionnement de la justice, les privilèges de la naissance. La complicité des personnages féminins, au-delà des différences sociales est également un enjeu majeur de la pièce. Suzanne et la comtesse, Suzanne et Marceline s’allient pour déjouer les stratégies libertines des hommes et la malhonnêteté du comte. Dissimulations et travestissement sont à prendre au sens figuré comme au sens propre et contribuent grandement au plaisir du spectateur. Suzanne échange son costume avec celui de la comtesse, Chérubin se travestit et se déguise, les masques tombent… Tous les types de comique se déploient dans la pièce de gestes, de mots, souvent grâce au sens de la repartie de Figaro, de caractère et de situation. De nombreuses méprises et quiproquos tiennent en haleine le spectateur aux dépends des personnages. CE QU’IL FAUT RETENIR Horloger, juge, vendeur d’armes, journaliste, dramaturge et même espion pour le Roi Louis XV, Beaumarchais embrasse des carrières différentes avec succès. Son valet Figaro est le porte-parole de sa pensée subversive. Il a fallu attendre 6 ans pour que la pièce puisse obtenir l’autorisation d’être représentée car la charge satirique est trop forte. Le Mariage de Figaro est un spectacle riche en surprises, en rebondissements et en déguisements qui distrait le lecteur et le fait réfléchir en même temps. C’est un triomphe lors de sa représentation à la Comédie française en 1784.
Pendant une heure, j’imaginai dans mon cerveau en délire toutes les raisons qui avaient pu faire agir le tranquille chasseur. Les idées les plus absurdes s’enchevêtrèrent dans ma tête. Je crus que j’allais devenir fou ! Mais enfin un bruit de pas se produisit dans les profondeurs du gouffre. Hans remontait. La lumière incertaine commençait à glisser sur les parois, puis elle déboucha par l’orifice du couloir. Hans parut. Il s’approcha de mon oncle, lui mit la main sur l’épaule et l’éveilla doucement. Mon oncle se leva. Qu’est-ce donc ? fit-il. — Vatten, » répondit le chasseur. Il faut croire que, sous l’inspiration des violentes douleurs, chacun devient polyglotte. Je ne savais pas un seul mot de danois, et cependant je compris d’instinct le mot de notre guide. De l’eau ! de l’eau ! m’écriai-je, battant des mains, gesticulant comme un insensé. — De l’eau ! répétait mon oncle. Hvar ? » demanda-t-il à l’Islandais. — Nedat, » répondit Hans. Où ? en bas ! Je comprenais tout. J’avais saisi les mains du chasseur, et je les pressais, tandis qu’il me regardait avec calme. Les préparatifs du départ ne furent pas longs, et bientôt nous cheminions dans un couloir dont la pente atteignait deux pieds par toise. Une heure plus tard, nous avions fait mille toises environ et descendu deux mille pieds. En ce moment, j’entendis distinctement un son inaccoutumé courir dans les flancs de la muraille granitique, une sorte de mugissement sourd, comme un tonnerre éloigné. Pendant cette première demi-heure de marche, ne rencontrant point la source annoncée, je sentais les angoisses me reprendre ; mais alors mon oncle m’apprit l’origine des bruits qui se produisaient. Hans ne s’est pas trompé, dit-il ; ce que tu entends là , c’est le mugissement d’un torrent. — Un torrent ? m’écriai-je. — Il n’y a pas à en douter. Un fleuve souterrain circule autour de nous ! » Nous hâtâmes le pas, surexcités par l’espérance. Je ne sentais plus ma fatigue. Ce bruit d’une eau murmurante me rafraîchissait déjà . Il augmentait sensiblement. Le torrent, après s’être longtemps soutenu au-dessus de notre tête, courait maintenant dans la paroi de gauche, mugissant et bondissant. Je passais fréquemment ma main sur le roc, espérant y trouver des traces de suintement ou d’humidité. Mais en vain. Une demi-heure s’écoula encore. Une demi-lieue fut encore franchie. Il devint alors évident que le chasseur, pendant son absence, n’avait pu prolonger ses recherches au-delà . Guidé par un instinct particulier aux montagnards, aux hydroscopes, il sentit » ce torrent à travers le roc, mais certainement il n’avait point vu le précieux liquide ; il ne s’y était pas désaltéré. Bientôt même il fut constant que, si notre marche continuait, nous nous éloignerions du courant dont le murmure tendait à diminuer. On rebroussa chemin. Hans s’arrêta à l’endroit précis où le torrent semblait être le plus rapproché. Je m’assis près de la muraille, tandis que les eaux couraient à deux pieds de moi avec une violence extrême. Mais un mur de granit nous en séparait encore. Sans réfléchir, sans me demander si quelque moyen n’existait pas de se procurer cette eau, je me laissai aller à un premier moment de désespoir. Hans me regarda, et je crus voir un sourire apparaître sur ses lèvres. Il se leva et prit la lampe. Je le suivis. Il se dirigea vers la muraille. Je le regardai faire. Il colla son oreille sur la pierre sèche, et la promena lentement en écoutant avec grand soin. Je compris qu’il cherchait le point précis où le torrent se faisait entendre plus bruyamment. Ce point, il le rencontra dans la paroi latérale de gauche, à trois pieds au-dessus du sol. Combien j’étais ému ! Je n’osais deviner ce que voulait faire le chasseur ! Mais il fallut bien le comprendre et l’applaudir, et le presser de mes caresses, quand je le vis saisir son pic pour attaquer la roche elle-même. Sauvés ! m’écriai-je. — Oui, répétait mon oncle avec frénésie, Hans a raison ! Ah ! le brave chasseur ! Nous n’aurions pas trouvé cela ! » Je le crois bien ! Un pareil moyen, quelque simple qu’il fût, ne nous serait pas venu à l’esprit. Rien de plus dangereux que de donner un coup de pioche dans cette charpente du globe. Et si quelque éboulement allait se produire qui nous écraserait ! Et si le torrent, se faisant jour à travers le roc, allait nous envahir ! Un jet d’eau s’élança de la muraille. Ces dangers n’avaient rien de chimérique ; mais alors les craintes d’éboulement ou d’inondation ne pouvaient nous arrêter, et notre soif était si intense que pour l’apaiser nous eussions creusé au lit même de l’Océan. Hans se mit à ce travail, que ni mon oncle ni moi nous n’eussions accompli. L’impatience emportant notre main, la roche eût volé en éclats sous ses coups précipités. Le guide, au contraire, calme et modéré, usa peu à peu le rocher par une série de petits coups répétés, creusant une ouverture large de six pouces. J’entendais le bruit du torrent s’accroître, et je croyais déjà sentir l’eau bienfaisante rejaillir sur mes lèvres. Bientôt le pic s’enfonça de deux pieds dans la muraille de granit. Le travail durait depuis plus d’une heure. Je me tordais d’impatience ! Mon oncle voulait employer les grands moyens. J’eus de la peine à l’arrêter, et déjà il saisissait son pic, quand soudain un sifflement se fit entendre. Un jet d’eau s’élança de la muraille et vint se briser sur la paroi opposée. Un jet d’eau s’élença de la muraille. Hans, à demi renversé par le choc, ne put retenir un cri de douleur. Je le compris lorsque, plongeant mes mains dans le jet liquide, je poussai à mon tour une violente exclamation. La source était bouillante. De l’eau à cent degrés ! m’écriai-je. — Eh bien, elle refroidira, » répondit mon oncle. Le couloir s’emplissait de vapeurs, tandis qu’un ruisseau se formait et allait se perdre dans les sinuosités souterraines ; bientôt nous y puisions notre première gorgée. Ah ! quelle jouissance ! Quelle incomparable volupté ! Qu’était cette eau ? D’où venait-elle ? Peu importait. C’était de l’eau, et, quoique chaude encore, elle ramenait au cœur la vie prête à s’échapper. Je buvais sans m’arrêter, sans goûter même. Ce ne fut qu’après une minute de délectation que je m’écriai Mais c’est de l’eau ferrugineuse ! — Excellente pour l’estomac, répliqua mon oncle, et d’une haute minéralisation ! Voilà un voyage qui vaudra celui de Spa ou de Tœplitz ! — Ah ! que c’est bon ! — Je le crois bien, une eau puisée à deux lieues sous terre ! Elle a un goût d’encre qui n’a rien de désagréable. Une fameuse ressource que Hans nous a procurée là ! Aussi je propose de donner son nom à ce ruisseau salutaire. — Bien ! » m’écriai-je. Et le nom de Hans-bach » fut aussitôt adopté. Hans n’en fut pas plus fier. Après s’être modérément rafraîchi, il s’accota dans un coin avec son calme accoutumé. Maintenant, dis-je, il ne faudrait pas laisser perdre cette eau. — À quoi bon ? répondit mon oncle, je soupçonne la source d’être intarissable. — Qu’importe ! remplissons l’outre et les gourdes, puis nous essayerons de boucher l’ouverture. » Mon conseil fut suivi. Hans, au moyen d’éclats de granit et d’étoupe, essaya d’obstruer l’entaille faite à la paroi. Ce ne fut pas chose facile. On se brûlait les mains sans y parvenir ; la pression était trop considérable, et nos efforts demeurèrent infructueux. Il est évident, dis-je, que les nappes supérieures de ce cours d’eau sont situées à une grande hauteur, à en juger par la force du jet. — Cela n’est pas douteux, répliqua mon oncle ; il y a là mille atmosphères de pression, si cette colonne d’eau a trente-deux mille pieds de hauteur. Mais il me vient une idée. — Laquelle ? — Pourquoi nous entêter à boucher cette ouverture ? — Mais, parce que… » J’aurais été embarrassé de trouver une raison. Quand nos gourdes seront vides, sommes-nous assurés de pouvoir les remplir ? — Non, évidemment. — Eh bien, laissons couler cette eau ! Elle descendra naturellement et guidera ceux qu’elle rafraîchira en route ! — Voilà qui est bien imaginé ! m’écriai-je, et avec ce ruisseau pour compagnon, il n’y a plus aucune raison pour ne pas réussir dans nos projets. — Ah ! tu y viens, mon garçon, dit le professeur en riant. — Je fais mieux que d’y venir, j’y suis. — Un instant ! Commençons par prendre quelques heures de repos. » J’oubliais vraiment qu’il fît nuit. Le chronomètre se chargea de me l’apprendre. Bientôt chacun de nous, suffisamment restauré et rafraîchi, s’endormit d’un profond sommeil.
Tout semble a priori opposer la science» et la fiction». Alors que la première se veut une observation rigoureuse du monde réel dont elle donnerait une lecture exacte, la seconde semble se placer du côté de l’imaginaire et de la création, où toutes les fantaisies seraient permises. Or, ces catégories sont bien moins tranchées qu’il n’y paraît. C’est pourquoi les auteurs de tous les siècles se sont attachés à interroger les zones de porosité qui les séparent ou qui les rassemblent. La science et la fiction ont en effet ce point commun qu’elles ont toutes deux pour objet de donner une interprétation particulière du monde. Œuvre intégrale Voyage au centre de la Terre, Jules Verne, 1864 Jules Verne écrit le roman d’aventure Voyage au centre de la Terre en 1864. Il s’agit d’un roman de science-fiction autant que d’un roman d’initiation. ● Un roman de science-fiction ● Un roman qui donne l’illusion du réel Le roman multiplie les références à la réalité. La date et le lieu qui ouvrent le roman son très précis. En outre, le récit est situé dans un moment du passé immédiat du moment où vit le lecteur. De fait, rien n’est extraordinaire dans la première partie du voyage. La description des préparatifs et la liste très complète des équipements rendent l’expédition vraisemblable. Verne ajoute même des notes de bas de page. Les mécanismes des lampes modernes Ruhmkorff sont explicités l’appareil et l’inventeur sont réels. Enfin, puisque les lois de la physique s’y opposent, Jules Verne trouve un moyen d’éviter finalement que ses héros ne parviennent jusqu’au centre de la Terre où le grand ancêtre fictif, Arne Saknussem, était, lui, parvenu. Par ailleurs, plusieurs éléments de narratologie créent l’illusion du réel. Le récit est fait à la première personne c’est le personnage Axel qui raconte. Cet effet de réalisme est augmenté par l’enchâssement au sein du récit de bribes du journal de bord» du même Axel, journal qu’il tient pendant la traversée de la mer intérieure. Enfin, le roman fait référence à lui-même lorsqu’il nomme Le Voyage au centre de la Terre» au dernier chapitre. ● Les éléments scientifiques du roman Le roman s’appuie sur des éléments de cryptologie, mais surtout de géologie et de paléontologie. Pour cela, Verne a scrupuleusement étudiéles grands scientifiques de l’époque Davy, Poisson, Humboldt, Sainte-Claire Deville et Figuier entre autres, dont le fictif professeur Lidenbrock se fait l’écho dans le roman, concernant les questions de la constitution interne du globe, des phénomènes sismiques et des volcans. Le roman donne à voir, explique et décrit les merveilles sous-terraines, évoquant par exemple la période silurienne ou les terrains dévoniens. La descente dans l’espace se fait donc en même temps remontée dans le temps. ● La création d’un monde extraordinaire voire fantastique Mais l’auteur mêle inextricablement le réel et l’imaginaire. Lorsqu’Axel parvient à l’improbable mer intérieure, par exemple, les références géologiques deviennent rares. Et même si elles laissent place à la paléontologie, pour autant nous sommes désormais dans un monde extraordinaire, qui doit tout à l’imagination de Jules Verne. La valeur de la description romanesque est en effet considérée comme supérieure à ce que la science rapporte dans les traités. C’est le cas par exemple, la fête de la lumière» qui procure à Axel une impression proprement magique chapitre 22. De la référence à l’auteur romantique fantastique allemand Hoffmann XIXe siècle, on retient la fascination du monde sous-terrain la réalité et la science se mêlent au fantastique de l’aventure. ● Un roman initiatique Or, l’aventure la plus importante n’est pas d’ordre scientifique. C’est plutôt de l’ aventure initiatique d’Axel dont il s’agit. Le jeune homme doit affronter le monde sous-terrain pour acquérir son statut de héros, suite à de nombreuses épreuves formatrices. C’est pourquoi l’ensemble du roman rappelle l’auteur latin Virgile Ier siècle et la descente aux Enfers d’Enée. Tout le roman d’aventure raconte u ne transmutation spirituelle qui fait que le héros devient un initié, celui qui sait le secret du monde, celui de sa vie et de son être. Il s’agit pour Axel d’ une quête de soi. ● L’élection et le départ pour l’Islande C’est le signe d’une élection indépendante de sa volonté si le jeune homme remarque le manuscrit caché dans les pages du vieux livre de son oncle, ou s’il trouve le sens de l’écriture runique. Il doit alors quitter son confort douillet, et c’est sa fiancée Graüben qui l’envoie vers une quête dont elle sera le prix elle lui promet de l’épouser à son retour. Il part alors avec son oncle Lidenbrock pour l’Islande, île lointaine, magique par la présence tangible des phénomènes volcaniques, témoins du feu sacré et de la puissance cosmique. Mais le roman de la descente ne commence finalement qu’au tiers du roman, après un temps de préparation purificatoire. Axel doit d’abord subir les dangers de l’ascension du volcan, accentués par la tempête, comme si le seuil du lieu sacré était interdit. ● Les épreuves et les guides C’est en fonction des multiples épreuves d’Axel que se construit l’histoire. Les héros doivent par exemple suivre le cours d’un filet d’eau au sol, mais bientôt Axel est perdu dans le labyrinthe. Seul dans le noir, il rentre en communication avec son guide par une sorte de miracle, expliqué par les lois de l’acoustique. Le professeur Lidenbrock est pour Axel un guide intellectuel, scientifique et encyclopédique. L’autochtoneislandais Hans est quant à lui un guide qui l’assiste dans ses épreuves. Il est l’instinct sûr, lié à la terre magique de l’Islande. Taciturne, dévoué, il trouve l’eau salvatrice, sauve Axel plusieurs fois, le ressuscite presque, et construit le radeau qui permettra la remontée. ● Le ventre de la terre le motif de la grotte chez Jules Verne Après son évanouissement, le décor dans lequel renaît Axel est symbolique. Il est dans une grotte, elle-même emboîtée dans la très grande caverne, elle-même enclose dans le globe terrestre, et qui contient la mer intérieure, maternelle. Ce roman est le premier dans lequel Jules Verne s’abandonne aux rêveries de la grotte. C’est un motif qui deviendra quasi obsessionnel dans son œuvre. ● La renaissance et le retour retrouver le nord À partir de sa baignade dans la mer intérieure, le jeune homme est renouvelé. Il prend sa vie et l’expédition en main. La sortie par le Stromboli italien a la violence d’ une naissance, re-naissance, biologique et symbolique. La brutale expulsion, ce passage déchirant des ténèbres à la lumière, fait sortir les héros dépouillés de tout. Axel s’évanouit à nouveau et renaît dans un lieu en parfaite antithèse avec le lieu froid et âpre du départ. Les héros croient être revenus à leur point de départ, d’après les indications de l a boussole, mais il n’en est rien. Et c’est Axel qui découvre encore une fois, et encore par hasard l’explication scientifique des faits c’est parce que l’électricité de la foudre a inversé les pôles. Axel s’est transformé dans le voyage L’âme du professeur avait passé toute entière en moi. Le génie des découvertes m’inspirait. J’oubliais le passé, je dédaignais l’avenir» chapitre 11. Et Axel se marie avec Graüben, comme dans les contes. Proposition de textes-clefs - la descente aux enfers Chapitre 24, de La marche fut reprise le jeudi» à faite de mains d’hommes» Chapitre 30, de Je me souviens alors» à d’une certaine quantité d’effroi» Chapitre 44, de Tout ce que je puis affirmer» à leurs membres dans les airs» -épreuves initiatiques Chapitre 21, de Mais je voyais déjà » à En route.» Chapitre 27, de Perdu dans ce labyrinthe» à sentiment d’existence!» Chapitre 28, de Relève-toi donc» à je perdis connaissance» - guides et signes Chapitre 4, de J’étais en proie à une sorte d’hallucination» à Jamais! Jamais!» Chapitre 39, de Axel, reprit-il» à du hard et fantastique voyageur»Parcours associé Science et fiction» ● Représenter la science dans le récit George Sand, Laura, voyage dans le cristal, 1864. Ce récit de voyage fantastique et romantique reflète l'intérêt de l'auteure pour la minéralogie et les sciences naturelles en général. Emile Zola, Le Roman expérimental, 1880. Cet essai présente les lignes de force qui sous-tendent toute l’œuvre de l’auteur. Zola explique qu'il a pris le parti du naturalisme, doctrine par laquelle il essaie d'élever la littérature au rang de science exacte, puisqu’elle est un outil d'analyses des actions humaines. ● Représenter la science aux frontières du réel fantastique et science-fiction Edgar Poe, Le Scarabée d’or , 1843. La découverte d'un message mystérieux donne lieu à un récit qui mêle suspense et La Nuit des temps , 1968. Ce roman de science-fiction met en scène une expédition scientifique française au pôle nord. Or, les sondes enregistrent un signal provenant du sous-sol. Les spécialistes venus du monde entier creusent la glace à la recherche du mystère. ● Mettre la science en question au travers du récit François Rabelais, Pantagruel, Chapitre 8 Lettre de Gargantua à Pantagruel», 1532. Dans cette lettre fictive, Gargantua recommande à son fils Pantagruel de s’engager dans ses études et dans les champs vastes de la connaissance, mais en faisant preuve d’une sagesse typique de l’humanisme, car science sans conscience n’est que ruine de l’âme». Voltaire, Micromégas, 1752. Ce conte philosophique raconte le voyage sur la Terre de Micromégas, jeune géant venu de l'étoile Sirius. Cet extra-terrestre porte un regard distancié et critique sur ce qu’il découvre sur la petite planète bleue. La satire met à mal le pédantisme et l’orgueil du discours des scientifiques, qui manquent parfois du bon sens le plus élémentaire. CE QU’IL FAUT RETENIRŒuvre intégrale Voyage au centre de la Terre, Jules Verne, 1864 Jules Verne écrit le roman d’aventure Voyage au centre de la Terre en 1864. Il s’agit d’un roman de science-fiction autant que d’un roman d’initiation. ● Un roman de science-fiction ● Un roman qui donne l’illusion du réel - Le roman multiplie les références à la réalité. - Par ailleurs, plusieurs éléments de narratologie créent l’illusion du réel. ● Les éléments scientifiques du roman cryptologie, géologie, paléontologie ● La création d’un monde extraordinaire voire fantastique ● Un roman initiatique ● L’élection et le départ pour l’Islande ● Les épreuves et les guides ● Le ventre de la terre le motif de la grotte chez Jules Verne ● La renaissance et le retour retrouver le nord
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